Page:Tite Live - Histoire romaine (volume 1), traduction Nisard, 1864.djvu/96

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tins et de Cumes leur rendirent tant de confiance, qu’ils osèrent livrer une bataille. Dès que l’on en vint aux mains, les Étrusques se précipitèrent avec une telle impétuosité que leur choc suffit pour disperser les Ariciniens. Les cohortes de Cumes opposant l’habileté à la force firent un mouvement oblique, puis changeant de front tout à coup, tombèrent sur les derrières de l’ennemi, que l’ardeur de la poursuite avaient emporté et mis en désordre. Grâce à cette manœuvre, les Étrusques, au moment d’être victorieux, furent enveloppés et taillés en pièces. Le peu qui s’échappa, ayant perdu leur chef, et ne voyant pas de refuge plus proche, se retirèrent, sans armes, à Rome, où ils se présentèrent dans l’attitude de suppliants. Ils y furent accueillis avec bienveillance ; chacun s’empressa de leur donner l’hospitalité. Leurs blessures guéries, les uns retournèrent dans leur patrie, où ils vantèrent l’hospitalité et les bienfaits qu’ils avaient reçus, beaucoup d’autres furent retenus à Rome par l’attachement qu’ils portaient à la ville et à leurs hôtes. On leur assigna pour demeure le terrain qui, dans la suite, s’est appelé de leur nom, ’Quartier des Étrusques’.

XV. Spurius Larcius et Titus Herminius, puis Publius Lucrétius et Publius Valérius Publicola sont ensuite nommés consuls. Ce fut dans le cours de cette année que, pour la dernière fois, des ambassadeurs de Porsenna vinrent à Rome demander le rétablissement des Tarquins. On leur répondit que le sénat enverrait de son côté auprès du roi, et l’on fit partir sur-le-champ les plus distingués d’entre les sénateurs, avec ordre de lui dire : "Que sans doute on aurait pu déclarer brièvement qu’on se refusait au retour des rois ; mais que si l’on avait préféré députer auprès de lui les principaux du sénat, plutôt que de faire à Rome même cette réponse à ses ambassadeurs, c’était pour que, désormais, il ne fût plus mention de cette affaire qui, après tant de bons rapports, ne pouvait qu’irriter, de part et d’autre, les esprits ; que la demande du roi était contraire à la liberté du peuple romain, et que les Romains, à moins de consentir aveuglément à leur perte, se voyaient dans la nécessité de répondre par nu refus à un prince auquel ils ne voudraient rien refuser ; que Rome n’était plus une monarchie, mais un état libre, et qu’elle était fermement résolue à ouvrir ses portes plutôt à ses ennemis qu’à ses rois ; que telle est la volonté de tous : le dernier jour de la liberté sera celui de Rome. Que si donc il veut que Rome existe, ils le conjurent de souffrir qu’elle soit libre."

Le roi, honteux de sa démarche, répondit : "Puisque c’est une résolution irrévocablement prise. Je ne vous fatiguerai plus d’inutiles importunités ; mais je n’abuserai plus les Tarquins par l’espoir d’un secours qu’ils ne peuvent attendre de moi. Que, s’ils songent à la guerre, ou au repos, ils devront chercher ailleurs un lieu d’exil ; rien ne doit plus troubler la paix que j’ai faite avec vous." Sa conduite, plus encore que ses paroles, prouva ses intentions amicales ; il rendit ce qui lui restait d’otages, et restitua le territoire de Véies que le traité du Janicule avait enlevé aux Romains. Tarquin, voyant tout espoir de retour perdu pour lui, s’exila à Tusculum, auprès de son gendre Mamilius Octavius. Une paix durable s’établit ainsi entre les Romains et Porsenna.

XVI. Les consuls suivants furent Marcus Valérius

€omis, tantum ’tpei fecere, ut note decernere auderenL Prælio inito, adeo concitato impetu se iutuleranl Etrusci, ut fonderont ipso incursu Aricinos. Cuinaoæ cohortes , arieudversus vhn usa*, deciinavere pnullulum ; eftaseque præfatos taostes convertit signis ab tergo adortæ sunL lia In tnedio prope jam vicores rosi Etrusd : para perexiffrm, duee 8mi«iO, quia nullum propius perfugiuni erat, Romain inermes et fnrtnna et specie supplicum deIali sunt. Ihi benigne excepti divisique in bospitia. Curatis vulnerttms, alii profecti donna, nuotii hospitalium benefldomra : multos Rom» hospitura urbisqiie caritas tenuît. llis locus ad habitanduui datus, quem deinde Tusdnm vlcum appellarunt.

XV. P. Lncfelius inde et P. Valérius Publicola consoles facti. £o annoposireiuum legati a Porseoa de reducendo In regnum Tarquinio vénérant. Quibus quum respousum esset, missuruvu ad regeni senalum legatos ; niissi oonfestim bonoralissimus quisque ex Pttlribu$.«Non, quiu breviter reddi responsum poluerit, non recipi reges, ideo potins delectos Pairum ad eum ra issus v quam ltgatis ejns Rom» darctur responsum ; sed ut in perpetuum

mentio ejus rei flniretur, neu in taulis mutais beneficiis in vicem animi sollicitarenlur ; quum ille peteret,quod contra liberia te m populi romani esset ; Romani, nisiin peruiciem suam faciles esse vellcut, negarent, cui nihil negatum vellent Non in regno populum romartum, sed in lil>ertate esse. Ita induxisse in auimutn, bosiibus potius, quant regibus, portas patefacere. Eam esse volnntatem omnium, ut, qui liberlali crit in ilia urbe finis, idem urbi sit. Proinde, si salvam esse vellel Romain, ut patiatur lilœram essb , orare. > Rex verecundia victus : « Quando id certum atque obstinatum est, inquit, neque ego obtundam sæpius eadem neqnicquam agendo ; neo Tarquinios spe auxilii, quod nullum in me est, frustrabor. Alium biûc, seu bello opus est, seu quiete, eisibo quærani locum, ne quid meam vobiscum pacem distineaf.» Dictis facta athiciora adjecit. Obsidura quod reh ,uumcrat, reddidit : agrum Veieutem, fœdere ad Janiculum icto ademptum, restituit. Tarquisius, spe omui redites incisa, exm’atum ad geuerimi Mamilium Ociavium Tusculuin abiit. Romanis pax Oda ita cum Porsena fuit.

XVI. Consulcs M. Valérius, P. Postuiüius. Eo arnio


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Original fro-m

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