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GUERRE ET PAIX


(1864 — 1869)




ONZIÈME PARTIE


I


L’intelligence humaine ne saurait comprendre la continuité absolue du mouvement. Les lois de n’importe quel mouvement ne deviennent compréhensibles pour l’homme que s’il examine séparément les unités dont il est composé. Mais en même temps, de ce fait qu’on isole arbitrairement et qu’on examine à part les unités inséparables du mouvement continu, découlent la plupart des erreurs humaines. On connaît bien le sophisme des anciens : Achille ne rattrapera jamais la tortue qui a de l’avance sur lui, bien qu’Achille marche dix fois plus