Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/113

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taient et que Pétia avait armés de poignards et de sabres rentraient leurs pantalons dans les tiges de leurs bottes, se ceignaient de courroies qu’ils serraient fortement tout en disant adieu à ceux qui restaient.

Comme toujours, au dernier moment on oubliait beaucoup de choses, les paquets étaient mal faits et pendant assez longtemps deux écuyers se tinrent de chaque côté de la portière ouverte et du marchepied de la voiture, prêts à y faire monter la comtesse, pendant que les femmes de chambre couraient avec des coussins et des petits paquets de la maison à la voiture, aux chariots et inversement.

— Elles ne sauront jamais ! dit la comtesse. Tu sais que je ne peux pas être assise ainsi.

Et Douniacha, les dents serrées, sans rien répondre, une expression de reproche sur son visage, montait dans la voiture et arrangeait autrement les coussins.

— Ah ! ces gens ! disait le comte en hochant la tête.

Le vieux cocher Ephime, le seul avec qui la comtesse se décidait à aller en voiture, était assis sur son siège haut, et même ne se retournait pas pour voir ce qui se passait derrière lui.

Par une expérience de trente années, il savait qu’on ne lui dirait pas de si tôt : « Avec l’aide de Dieu ! » et que, quand on le lui aurait dit, on l’arrê-