Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/14

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clusion de l’histoire tombe en poussière et ne laisse rien derrière elle par cela seul que la critique choisit pour mesure d’observation une unité plus grande ou plus petite — ce qui est son droit puisque l’unité historique est toujours arbitraire.

Ce n’est qu’en prenant pour notre observation l’unité infiniment petite — les différentielles de l’histoire, c’est-à-dire les aspirations uniformes des hommes, — et en acquérant l’art d’intégrer (unir les sommes de ces infiniment petits), que nous pouvons espérer comprendre les lois de l’histoire.




Les quinze premières années du dix-neuvième siècle présentent en Europe un mouvement extraordinaire de millions d’hommes. Tous quittent leurs occupations habituelles, se jettent d’un côté de l’Europe sur l’autre, pillent, s’entretuent, triomphent, désespèrent ; toute la marche de la vie se modifie pour quelques années et présente un mouvement qui d’abord va croissant, puis diminuant. Quelle fut la cause de ce mouvement, ou selon quelles lois s’est-il produit ? — demande la raison humaine.

Les historiens qui répondent à cette question nous exposent les actes et les discours de quelques dizaines d’hommes dans un des bâtiments de la ville de Paris et donnent à ces actes et à ces discours le nom de Révolution. Ensuite ils nous donnent les biographies détaillées de Napoléon et de