Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/206

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dont il couvrait la France. Quand j’ai compris ce qu’il voulait, quand j’ai vu qu’il nous faisait une litière de lauriers, voyez-vous, je me suis dit : Voilà un souverain, et je me suis donné à lui. Et voilà ! Oh oui, mon cher, c’est le plus grand homme des siècles passés et à venir.

Est-il à Moscou ? dit Pierre, en hésitant, et avec le visage d’un coupable.

Le Français regarda le visage coupable de Pierre et sourit.

Non il fera son entrée demain, dit-il, et il continua son récit.

Leur conversation était interrompue par les cris de quelques personnes près de la porte cochère, et par l’arrivée de Morel qui venait annoncer au capitaine que les hussards de Wurtemberg étaient arrivés et voulaient mettre leurs chevaux dans la cour où étaient les leurs. Le différend provenait de ce que les hussards ne comprenaient pas ce qu’on leur disait.

Le capitaine fit mander le sous-officier de service et, d’une voix sévère, lui demanda à quel régiment il appartenait, quels étaient ses chefs et pourquoi ils se permettaient de venir dans un logement déjà occupé ? L’Allemand, qui comprenait mal le français, répondit aux deux premières questions : il nomma son régiment et son chef, mais, ne comprenant pas la troisième, il répondit en allemand, en introduisant des mots français écor-