Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/249

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Eh bien, qu’est-ce qu’il veut celui-là ? cria l’un des Français à Pierre.

Un enfant, dans cette maison. N’avez-vous pas vu un enfant ? dit-il.

Tiens, qu’est-ce qu’il chante, celui-là ? Va te promener, dit une voix, et l’un des soldats, craignant évidemment que Pierre n’eût l’intention de leur disputer l’argenterie et le bronze qui étaient dans une caisse, s’avança vers lui, l’air menaçant.

Un enfant ? J’ai entendu piailler quelque chose au jardin. Peut-être, c’est son moutard au bonhomme. Faut être humain, voyez-vous… cria un des Français qui étaient en haut.

Où est-il ? Où est-il ? demanda Pierre.

Par ici ! Par ici ! lui répondit de la fenêtre le Français, en montrant le jardin derrière la maison. Attendez, je vais descendre.

En effet, une minute après, le Français, un garçon aux yeux noirs, une tache quelconque sur la joue, en bras de chemise, bondit de la fenêtre du rez-de-chaussée et, tapant Pierre sur l’épaule, courut avec lui au jardin.

Dépêchez-vous, vous autres, commence à faire chaud ! cria-t-il à ses camarades.

Arrivés sur l’allée sablée, le Français prit Pierre par la main et lui désigna un cercle. Sous le banc était couchée une fillette de trois ans en robe rose,