Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/263

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cin intime de la reine d’Espagne. Et, ayant anéanti avec cela le jeune homme, Anna Pavlovna s’adressa à Bilibine qui, dans l’autre groupe, le front plissé, désirant évidemment placer un bon mot, parlait des Autrichiens.

Je trouve que c’est charmant, disait-il d’une note diplomatique avec laquelle on avait renvoyé à Vienne les drapeaux autrichiens pris par Vitterstein, le héros de Pétropol (comme on l’appelait à Pétersbourg).

— Comment cela ? lui demanda Anna Pavlovna, en provoquant le silence pour entendre le mot qu’elle connaissait déjà.

Bilibine répéta les paroles textuelles de la dépêche diplomatique qu’il avait écrite :

L’empereur renvoie les drapeaux autrichiens, drapeaux amis et égarés qu’il a trouvés hors de la route.

Et Bilibine déplissa son front.

Charmant, charmant ! dit le prince Vassili.

C’est la route de Varsovie peut-être, dit tout à fait à l’improviste et à haute voix le prince Hippolyte.

Tous se tournèrent vers lui, ne comprenant pas ce qu’il voulait dire. Le prince Hippolyte lui-même regarda autour de lui avec un étonnement joyeux. Lui comme les autres ne comprenait pas ce que signifiaient ses paroles. Durant sa carrière diplomatique il avait remarqué maintes fois que les pa-