Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/300

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VII

La terrible nouvelle de la bataille de Borodino, de nos pertes en tués et blessés, et la nouvelle encore plus terrible de l’abandon de Moscou arrivèrent à Voronèje vers la mi-septembre.

La princesse Marie qui avait appris par les journaux la blessure de son frère et n’avait sur lui aucun renseignement positif, se préparait à partir à la recherche du prince André. C’est ce qu’apprit Nicolas (lui-même ne l’avait pas vue).

Après les nouvelles de la bataille de Borodino et de l’abandon de Moscou, Rostov, non qu’il éprouvât des sentiments de désespoir, de colère, de vengeance ou autres sentiments analogues, se sentait mal à l’aise et ennuyé à Voronèje. Toutes les conversations lui semblaient fausses, il ne savait quelle opinion se faire sur les événements, il sentait que c’était seulement au régiment qu’il recommencerait à voir clair en tout. Il se hâta d’achever sa mission, d’acheter des chevaux, et souvent, sans nul motif,