Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/336

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— Et voilà, mes enfants… ce prince lui-même qui… (le mot était prononcé avec un accent particulier), disait une voix, à l’autre coin de la baraque. Pierre assis, silencieux et immobile, sur de la paille, près du mur, tantôt ouvrait les yeux, tantôt les fermait.

Mais dès qu’il fermait les yeux, il voyait devant lui le même visage terrible de l’ouvrier et les visages encore plus terribles de ses assassins involontaires.

Et de nouveau il ouvrait les yeux et regardait au hasard dans l’obscurité. À côté de lui était assis, recourbé, un homme de petite taille dont Pierre remarqua d’abord la présence par la forte odeur de sueur qui se dégageait de lui à chacun de ses mouvements. Cet homme, dans l’obscurité, faisait quelque chose à ses jambes, et, bien que Pierre ne vit pas son visage, il sentait que cet homme le regardait sans cesse. En fixant ses regards dans l’obscurité, Pierre comprit que l’homme se déchaussait et la façon dont il le faisait intéressa Pierre.

Ayant délié des cordes qui ficelaient une de ses jambes, il les roula soigneusement et aussitôt se mit à l’autre jambe en jetant des regards sur Pierre. Pendant qu’une main suspendait la corde déjà roulée, l’autre déliait déjà la jambe.

Soigneusement et avec des mouvements réguliers, l’homme se déchaussa, plaça sa chaussure