Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/359

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XV

Quand Natacha, d’un mouvement habile ouvrit la porte, en laissant passer devant la princesse, celle-ci sentit déjà des sanglots dans sa gorge. Elle avait beau se préparer et tâcher de se calmer, elle savait qu’elle n’aurait pas la force de retenir ses larmes devant lui.

La princesse Marie comprenait ce que Natacha voulait dire par les mots : c’est arrivé il y a déjà deux jours ; elle comprenait que cela signifiait qu’il s’était radouci tout d’un coup et que cette douceur et cet attendrissement étaient les indices de la mort. En s’approchant de la porte, elle revit en imagination le visage de cet Andrucha qu’elle avait connu enfant, ce visage tendre, doux, qui, depuis, se montrait tel si rarement et par suite l’impressionnait si fort. Elle était convaincue qu’il allait lui dire des paroles douces, tendres, comme celles qu’avait dites son père mourant, qu’elle ne pourrait en-