Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/383

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II

La célèbre marche de flanc consistait uniquement en ce que l’armée russe, reculant toujours en sens contraire de l’invasion, après que celle-ci eut cessé, s’écartait de la ligne droite suivie au commencement, et, ne se voyant pas poursuivie, allait naturellement du coté où abondaient les provisions. Que l’on ne se représente pas d’hommes de génie en tête de l’armée russe, qu’on s’imagine l’armée seule, sans chefs, cette armée, n’aurait pu faire autre chose que le mouvement de recul vers Moscou, en décrivant un arc du côté où étaient les provisions et le pays abondamment pourvu.

Ce mouvement de la route de Nijni-Novgorod à celle de Riazan, Toula et Kalouga était tellement naturel que dans cette même direction s’enfuyaient les maraudeurs de l’armée russe, et qu’on exigeait, à Pétersbourg, que Koutouzov fit passer son armée dans cette même direction. À Taroutino, Koutou-