Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/448

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canons ! Regarde les fourrures ! disait-on. — Les canailles, ils ont pillé ! Voilà, chez celui-ci, derrière le chariot… Ça vient de l’image sainte, je le jure !… Ce sont probablement des Allemands !… Regarde notre paysan, ma foi !… Ah ! les brigands !… Ils en ont une telle charge qu’ils peuvent à peine marcher !… Ah ! ils ont même pris un cabriolet !… Les voilà qui s’installent sur des coffres. Mes aïeux ! On s’est battu !

— Droit sur la gueule ! Sur la gueule ! Mais comme ça on en aura jusqu’au soir !… — Regardez. Regardez ! c’est probablement à Napoléon lui-même !… — Vous voyez les chevaux, quels chevaux ! Un blason avec une couronne ! C’est une maison pliante… Il a perdu un sac et ne le voit pas… — On se bat de nouveau… — Une femme avec un petit enfant, et pas laide… — Attends donc, on te laissera passer… — Regardez, on n’en voit pas la fin… — Ce sont des filles russes, des filles, je le jure. Regardez comme elles sont installées tranquillement dans les voitures.

De nouveau, près de l’église Khamovnitschesky, une onde de curiosité générale poussa tous les prisonniers vers la route, et Pierre, grâce à sa haute taille, aperçut, au-dessus des têtes, ce qui attirait la curiosité des prisonniers. Dans trois voitures emmêlées aux caissons, étaient assises, très près l’une de l’autre, des femmes fardées, habillées de robes claires, et qui criaient d’une voix perçante.