Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/471

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honte. Ce choc parut à temps utile. Ce fut ce que les Français appelèrent : le hourra de l’empereur.

Le lendemain du conseil, le matin de bonne heure, Napoléon, feignant de vouloir inspecter les troupes et le champ de bataille passé et futur, alla avec une escorte de maréchaux et la garde au milieu de la ligne de la disposition de ses troupes.

Des Cosaques qui rôdaient autour du butin, rencontrèrent l’empereur lui-même et auraient pu l’attaquer. Si cette fois les Cosaques ne s’emparèrent pas de Napoléon, c’est que les Français furent sauvés par cela même qui les avait perdus : le butin sur lequel les Cosaques se jetèrent ici comme à Taroutino. Sans faire attention à Napoléon, ils se jetèrent sur le butin, et Napoléon réussit à s’enfuir.

Quand il fut démontré que les enfants du Don pourraient capturer Napoléon lui-même au milieu de son armée, il devint évident qu’il ne restait plus qu’à s’enfuir le plus vite possible par la route la plus proche connue. Napoléon, qui, avec le ventre d’un homme d’une quarantaine d’années, n’avait plus la souplesse et la hardiesse d’autrefois, comprit cet avertissement, et, sous l’influence de la peur que lui avaient causée les Cosaques, il partagea aussitôt l’avis de Mouton et, comme disent les historiens, donna l’ordre de la retraite par la route de Smolensk.

Ce fait que Napoléon fut de l’avis de Mouton et