Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol11.djvu/92

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tu as raison, mais retire tout de même celui de dessus.

— Je ne veux pas, disait Natacha, en retenant d’une main ses cheveux qui tombaient sur son visage, et en serrant avec l’autre les tapis. — Mais pousse donc, Pétia ; appuie, Vassilitch, serre donc ! criait-elle. Les tapis s’entassèrent et le couvercle se ferma. Natacha, battant des mains, poussa des cris de joie et des larmes coulèrent de ses yeux. Mais ce fut l’affaire d’une seconde. Aussitôt elle se mit à autre chose et on lui obéit sans hésitation. Le comte même ne se fâchait pas quand on lui disait que Natalie Ilinichna avait changé son ordre, et c’était à elle que les domestiques venaient demander s’il fallait mettre les cordes au chariot ou s’il était assez chargé.

La besogne avançait grâce aux ordres de Natacha. Les choses inutiles étaient laissées, les autres emballées le plus étroitement possible. Mais malgré toute la vigilance des domestiques, à la nuit tout n’était pas encore emballé. La comtesse s’endormit et le comte, ajournant le départ au lendemain matin, alla se coucher.

Sonia et Natacha se couchèrent habillées dans le boudoir. Cette nuit-là, on amena, par la rue Poverskaïa, un nouveau blessé, et Maria Kouzminichna, qui se trouvait à la porte cochère, le fit entrer chez les Rostov. Ce blessé, d’après les considérations de Maria Kouzminichna, était un personnage très im-