Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/130

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de cinquante élèves (et peut-être même cent, d’après les calculs) qui n’étudieront que pendant l’hiver et pas plus de quatre heures par jour, avec un repos ! J’ai la prétention de me croire un bon instituteur, mais si l’on me donnait soixante-dix élèves dans ces conditions, je pourrais dire d’avance que, même en deux années, la moitié ne saurait pas encore lire. Et aussitôt que le projet sera ratifié, on peut être absolument sûr que pas un seul maître, malgré une demi-déciatine de terre pour le potager, n’ajoutera une seule heure d’occupation de plus qu’il n’y en a dans le programme, se fiant à la perspicacité philanthropique du projet pour ne pas fatiguer les jeunes esprits des enfants des paysans.

Dans le grand nombre d’écoles que je connais, les enfants travaillent de huit à neuf heures par jour, couchent à l’école afin de pouvoir lire le soir, avec le maître, et ni parents, ni maîtres, ne remarquent à cela de fâcheuses conséquences.

Selon l’article 69, un examen public a lieu chaque année. Ce n’est pas ici l’endroit de prouver que les examens sont nuisibles, et même plus que nuisibles, qu’ils sont impossibles. J’ai parlé de cela dans l’article sur l’École de Iasnaïa-Poliana. Mais, à propos de l’article 69, je me bornerai à une question : pourquoi et pour qui sont institués ces examens ?

Le côté mauvais et nuisible des examens pour l’école populaire doit apparaître à chacun : les