Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/187

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leur caractère qui affirment que pour le développement de l’homme il est surtout utile d’apprendre la grammaire latine, les vers grecs et latins dans l’original, quand on peut les lire en traduction, je n’y crois pas, de même que je ne crois pas qu’il soit nécessaire au développement d’un homme de rester trois heures durant sur une jambe. Il faut le prouver non par l’expérience seule : par l’expérience seule on peut prouver tout ce qu’on veut. Le chantre prouve par l’expérience que le meilleur moyen d’apprendre à lire et à écrire, c’est de forcer d’apprendre par cœur les psaumes. Le cordonnier dit que le meilleur moyen d’apprendre son métier c’est d’obliger un garçon, pendant deux ans, à porter de l’eau, fendre du bois, etc. ; de cette façon vous prouverez tout ce qu’il vous plaira. Je dis tout cela à seule fin que les défenseurs de l’université ne me parlent pas de l’importance historique, de l’influence éducatrice mystérieuse, lien commun de toutes les institutions scolaires d’État, pour qu’ils ne me citent pas comme exemple les universités d’Oxford et de Heidelberg mais qu’ils me permettent de raisonner d’après le simple bon sens, et qu’ils raisonnent eux-mêmes.

Je sais seulement qu’arrivant à l’université à l’âge de seize à dix-huit ans, par le fait d’entrer à la faculté je suis inscrit, le cercle de mes connaissances est déjà définitivement et arbitrairement