Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/270

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pareille lacune dans l’intelligence ? Le progrès ! On dit le mot : le progrès, et la sottise paraît claire. Je n’admettrai pas le bonheur inhérent au progrès avant qu’on ne me le prouve, et c’est pourquoi, en observant le phénomène de l’instruction, j’ai besoin de la définition de l’instruction, et, de nouveau, je répète et explique ce que j’ai dit : l’instruction est l’activité de l’homme qui a pour hase le besoin de l’égalité et la loi immuable du mouvement en avant de l’instruction.

Comme nous l’avons déjà dit, pour étudier les lois de l’instruction, nous n’employons pas la méthode métaphysique mais la méthode des conclusions, de l’observation. Nous observons les phénomènes de l’instruction dans le sens le plus général qui inclut l’éducation. Dans chaque phénomène de l’instruction nous voyons deux acteurs : celui qui instruit, celui qui s’instruit ; le maître et l’élève. Pour étudier le phénomène de l’instruction comme nous le comprenons, pour trouver sa définition et son sens, il est nécessaire d’étudier l’une et l’autre activité et de trouver la cause qui unit ces deux activités en un phénomène qu’on appelle l’instruction ou l’éducation. Examinons d’abord l’activité de celui qui s’instruit et ses causes. L’activité de celui qui s’instruit, quoi qu’il apprenne, en quelque endroit et de quelque façon que ce soit (même s’il lit seul un livre), se réduit toujours à s’approprier l’image, la forme ou le contenu de la