Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/271

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pensée de celui ou de ceux qu’il regarde comme au-dessus de lui. Aussitôt que par son savoir il s’égale au maître, aussitôt qu’il ne trouve plus le maître supérieur à lui par le savoir, alors l’activité de l’instruction de la part de celui qui s’instruit cesse et il n’y a aucun moyen de le forcer à continuer.

Un homme ne peut instruire un homme quand celui qui s’instruit en sait autant que celui qui instruit. Le maître d’arithmétique qui ne connaît pas l’algèbre, malgré lui cesse son cours d’arithmétique dès que son élève s’est assimilé toute la science arithmétique. Il semble inutile de prouver qu’aussitôt que le savoir de l’élève égale celui du maître, alors l’activité de l’enseignement, dans le sens général, cesse absolument entre cet élève et ce maître et une nouvelle activité commence, qui consiste en ce que le nouveau maître donne à son élève la nouvelle perspective des connaissances de telle ou telle branche des sciences qu’il possède et qui est inconnue à l’élève. Et l’instruction continue tant que l’élève n’a pas égalé le maître. Ou, étant devenu l’égal de son maître dans les connaissances de l’arithmétique, l’élève abandonne le maître et prend un livre d’après lequel il apprend l’algèbre. Dans ce cas, le livre, ou l’auteur du livre, est un nouveau maître et l’activité de l’instruction continue jusqu’à ce que l’élève sache tout le livre, se soit égalisé avec son auteur. Et de nouveau l’ac-