Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/274

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


prouve tout le monde à l’égard des établissements scolaires fondés sur de pareilles bases ;

2o Par cette cause que j’ai exprimée une dizaine de fois et que j’exprimerai tant que je n’aurai pas la réponse : que des raisons pareilles (obéissance, amour-propre et avantages matériels) ne peuvent être le critérium de la pédagogie. Les théologiens et les naturalistes, en même temps, jugent leurs écoles infaillibles et toutes les autres absolument nuisibles ;

3o Enfin, parce qu’en prenant pour base de l’activité de l’élève, l’obéissance, l’amour-propre et les avantages matériels, il devient impossible de définir l’instruction. En admettant que l’égalité des savoirs est le but de l’activité de l’élève, je vois qu’avec l’atteinte du but cesse l’activité elle-même. Au contraire, admettant comme but l’obéissance, l’amour-propre et les avantages matériels je vois, que, quelque obéissant que devienne l’élève, bien qu’il dépasse de beaucoup les autres par ses qualités, bien qu’il attende beaucoup d’avantages matériels et de faveurs, son but n’est pas du tout atteint et la possibilité de l’activité de l’instruction ne cesse pas. Je vois en effet que le but de l’instruction, en admettant cette fausse raison ne s’atteint jamais, c’est-à-dire que l’égalité des savoirs ne s’atteint jamais, mais s’acquiert indépendamment de l’instruction, de l’habitude, de l’obéissance, de l’amour-propre et les avantages matériels. Ces bases