Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/29

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


pour son âge, à ces conditions nécessaires de développement que la nature lui a assignées. Il est fréquent d’entendre dire ou de lire que les conditions de la famille, la grossièreté des parents, les travaux des champs, les jeux de la campagne, etc., sont des obstacles considérables pour l’instruction de l’école. Peut-être, en effet, empêchent-ils cette éducation scolaire que les pédagogues ont en vue, mais il est temps de se convaincre que toutes ces conditions sont les bases principales de toute instruction, que non seulement elles ne sont pas des ennemies de l’école et des obstacles, mais qu’elles sont ses auxiliaires primordiaux et principaux : l’enfant ne pourrait jamais apprendre ni la différence des lignes qui forment les différents caractères, ni les chiffres, ni la capacité d’exprimer ses idées, sans ces conditions de famille. Pourquoi donc la vie grossière de la famille pourrait-elle apprendre à l’enfant des choses si difficiles et, tout à coup, devenir non seulement un obstacle à l’acquisition, par l’enfant, de connaissances faciles comme la lecture et l’écriture, etc., mais nuire à l’éducation ?

La meilleure preuve en est dans la comparaison d’un enfant de paysan qui n’a jamais étudié avec l’enfant de parents aisés qui, depuis l’âge de cinq ans, a eu un gouverneur. L’avantage de l’esprit et du savoir est toujours du côté du premier. C’est peu. L’intérêt de savoir et les questions aux-