Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/333

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


hardis, pour cette fillette de dix ans et pour les autres. Aussitôt que l’un a résolu de s’emparer de cette chaise, un autre, devinant au regard son intention, entre en conflit avec lui. Ils se bousculent et le vainqueur s’installe bravement ; mais il se met à lire comme tous les autres, entraîné par son affaire. Pendant la classe je n’ai jamais vu chuchoter, pincer, rire en cachette, rapporter au maître. Quand un élève vient se plaindre qu’un camarade l’a pincé, on lui dit : « Pourquoi ne pinces-tu pas toi-même ? »

Les deux classes inférieures s’installent dans une salle, la classe supérieure dans l’autre. Le maître arrive dans la première classe. Tous les élèves l’entourent, près du tableau ou sur les bancs, ou se couchent ou s’installent sur la table, autour du maître, ou autour de celui qui lit. Est-ce l’écriture, ils s’installent avec plus d’ordre, mais à chaque instant quelqu’un se lève pour regarder les cahiers des autres ou montrer le sien au maître. D’après l’emploi du temps, il y a quatre leçons avant le dîner. Parfois, on n’en fait que trois ou deux, parfois on change tout à fait l’ordre : Le maître commence l’arithmétique et passe à la géométrie ; il commence par l’histoire sainte et finit par la grammaire. Parfois, maître et élèves se passionnent et, au lieu de durer une heure, la classe dure trois heures. Il arrive que les élèves crient eux-mêmes : « Non, encore, encore ! » et se fâchent contre ceux qui en