Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/335

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aussi, et celui qui empêcherait de commencer la leçon serait mal reçu.

Je dois ouvrir une parenthèse : en faisant la description de l’école de Iasnaïa-Poliana, je n’ai pas la prétention de présenter une école modèle, je ne fais que la description exacte de cette école. Je crois que de pareilles descriptions peuvent avoir leur utilité. Si je réussis à présenter clairement, dans le numéro suivant, l’histoire du développement de l’école, le lecteur comprendra pourquoi son caractère s’est formé tel qu’il est, pourquoi je le crois bon, et pourquoi, si même je le pouvais, il me serait impossible de le changer. L’école s’est développée librement d’après les principes apportés par les maîtres et par les élèves. Malgré l’influence prépondérante du maître, l’élève avait toujours le droit de ne pas aller à l’école, et même, en y allant, de ne pas obéir au maître. Le maître avait le droit de ne pas garder l’élève et la possibilité d’agir de toute son influence sur la majorité des élèves et la société qu’ils forment toujours. Plus les élèves avancent, plus l’enseignement se divise et plus l’ordre devient nécessaire. Grâce à cela, avec le développement normal, sans contrainte, de l’école, plus les élèves s’instruisent, plus ils deviennent aptes à l’ordre. Plus ils sentent eux-mêmes le besoin de l’ordre, plus est grande sur eux, sous ce rapport, l’influence du maître.

Depuis la fondation de l’école de Iasnaïa-Poliana