Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/349

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Le soir, en général, dans les classes suivantes il y a moins de bruit, de désordre ; il y a plus d’obéissance, plus de confiance dans le maître. On remarque une aversion particulière pour les mathématiques et l’analyse, et du goût pour le chant, la lecture et surtout pour les récits. — « Pourquoi toujours l’arithmétique et l’écriture, mieux vaut raconter quelque chose sur la terre, sur l’histoire, et nous écouterons », disent-ils. À huit heures, les paupières commencent à s’alourdir, on bâille, les chandelles éclairent moins bien, on coupe la mèche avec moins d’empressement. Les aînés se retiennent encore, mais les petits s’accoudent sur les tables et s’endorment au son agréable des paroles du maître. Parfois, quand les classes sont intéressantes et qu’il y en a eu beaucoup (à certains jours il y a sept heures de classe), les enfants sont fatigués ; ou les veilles de fêtes, quand le bain est préparé à la maison, tout à coup, sans dire un mot, après la deuxième ou troisième classe, après le dîner, deux ou trois garçons accourent dans la chambre et se hâtent de prendre leurs casquettes. — « Que faites-vous ? » — « Nous allons chez nous. » — « Et les leçons ? c’est le chant. » Les enfants disent qu’ils doivent aller à la maison et se glissent dehors avec leurs coiffures. — « Mais qui l’a dit ? » — « Les autres sont partis !» — « Comment ! Comment ? » demande le maître étonné, qui a préparé sa leçon. — « Restez ! » Mais dans la chambre accourt un autre enfant,