Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/351

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leçons ? Nous choisirions le dernier. Moi, du moins, j’étais content que pareille chose se produisît plusieurs fois par mois à l’école de Iasnaïa-Poliana. On a beau répéter aux enfants qu’ils peuvent s’en aller quand ils veulent, l’influence des maîtres est si forte que je craignais, dernièrement, que la discipline des classes, l’emploi du temps, les notes ne gênassent imperceptiblement leur liberté au point de les soumettre à la ruse de notre lacis de règlements et de perdre la possibilité de choisir et de protester. S’ils continuent de fréquenter l’école malgré la liberté qui leur est laissée, je ne pense nullement que cela prouve la supériorité de l’école de Iasnaïa-Poliana. Je pense que la même chose pourrait se produire dans la plupart des écoles et que le désir d’apprendre est si fort chez les enfants que, pour le satisfaire, ils se soumettront à plusieurs conditions difficiles et pardonneront plusieurs défauts. La possibilité de pareille escapade est utile et nécessaire comme moyen de prévenir le maître des fautes et abus les plus importants et les plus grossiers.

Le soir c’est le chant, la lecture graduelle, les causeries, les expériences de physique, la copie. Parmi ces occupations, les élèves préfèrent l’écriture et les expériences. Pour l’écriture, les aînés s’installent en étoile autour de la grande table, les têtes rapprochées, les jambes écartées. L’un d’eux lit et les autres se répètent mutuellement ce qu’il a