Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/367

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curément qu’il se passe quelque chose de bon pour leurs enfants, ils ne se décident pas à les retirer de l’école. Un père m’a raconté, qu’une fois, il a brûlé toute la chandelle qu’il tenait près du livre de son fils, et il loua beaucoup son fils et le livre. C’était l’Évangile. « Mon père, m’a raconté un autre écolier, il lui arrive parfois d’écouter un conte, il rit et il s’en va. Mais si c’est l’évangile, il peut écouter jusqu’à minuit, et lui-même tient la lumière. »

Je fus avec un nouveau maître chez un élève. Pour me faire valoir devant le maître, je forçai l’élève à résoudre un problème d’algèbre. La mère était occupée près du poêle et nous avions oublié sa présence, ; en écoutant son fils manier bravement l’équation : 2ab — c = d : 3, etc., tout le temps elle cachait son visage dans sa main, se retenant à peine, et enfin, elle pouffa de rire et ne put dire pourquoi elle riait. Un père, un soldat, qui était venu chercher son fils à l’école, le trouva dans la classe de dessin ; en voyant l’œuvre de son fils il se mit à lui dire « vous », et il ne se décida pas à lui donner en classe le cadeau qu’il lui avait apporté. L’opinion générale me semble être la suivante : « On leur enseigne tout (comme aux enfants des seigneurs). Plusieurs choses sont inutiles, cependant on apprend très vite à lire et à écrire, c’est pourquoi on peut y envoyer les enfants. » Il y a aussi des bruits malveillants, toutefois ils ont de moins en moins de crédit. Deux très braves enfants ont quitté