Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/410

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s’il n’y a pas le feu quelque part. Sur Toula j’ai terminé. »

Comment j’ai étudié. — « Quand j’ai eu huit ans, on m’a envoyé à Groumi. Là-bas, j’ai très bien appris. Après je me suis ennuyé et j’ai commencé à pleurer. La femme a pris un bâton et s’est mise à me battre. J’ai crié encore plus fort. Quelques jours après, je suis revenu à la maison et j’ai raconté tout. On m’a ôté de là et on m’a mis chez la mère de Dounia. Là j’apprenais très bien et on ne me battait jamais. C’est là-bas que j’ai appris tout le syllabaire. Ensuite on m’a envoyé chez Foka Demidovitch. Il me battait beaucoup. Un jour je me suis enfui, et il a ordonné de me rattraper. Quand on m’a rattrapé on m’a ramené chez lui. Il m’a étendu sur le banc, a pris les verges dans une main, et s’est mis à me battre. Et moi je criais à pleine voix. Quand il a eu fini de me fouetter, il m’a forcé de lire. Il a écouté et dit : « Ah, canaille ! Comme il lit mal ! En voilà un cochon ! »

Voici deux spécimens des narrations de Fedka ; l’une sur un sujet donné : « Le blé. Comment pousse-t-il ?» ; l’autre sur son voyage à Toula, sujet choisi par lui. (C’est le troisième hiver que Fedka va à l’école. Il a maintenant dix ans.)

Sur le blé. — « Le blé sort de la terre. D’abord il est vert. Quand il est grand, alors les tiges paraissent et les femmes les coupent. Il y a aussi du blé comme de l’herbe, c’est très bon pour nourrir les bêtes. »