Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/421

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rapport inverse de l’immixtion du maître dans la façon de penser des élèves, en rapport direct du nombre des élèves, en rapport inverse de la durée de la leçon, etc. L’esprit de l’école, c’est quelque chose qui se communique rapidement d’un élève à l’autre, qui se communique même au maître et qui s’exprime dans le son de la voix, dans les yeux, les mouvements, l’attention, le zèle, dans un certain tact, chose très nécessaire et précieuse et qui, par cela, doit être le but de chaque maître. De même que la salive est nécessaire à la digestion, mais désagréable et inutile sans aliments, de même cet esprit d’animation, ennuyeux et désagréable en dehors de la classe, est la condition nécessaire de la digestion des aliments spirituels. On ne peut inventer et préparer artificiellement cet esprit, et ce n’est pas nécessaire, car il paraît toujours spontanément.

À mes débuts dans l’enseignement, je commettais des fautes. Dès qu’un enfant commençait à ne pas comprendre et n’en montrait pas le désir, dès que chez lui se manifestait l’état d’abrutissement, je lui disais : « — Va t’amuser, saute. » L’enfant se mettait à courir, les autres et lui-même riaient, et, le jeu fini, l’élève était tout autre. Mais quand l’élève avait répété plusieurs fois cet exercice, dès qu’on lui disait : — « Amuse-toi, » il commençait à s’ennuyer davantage et se mettait à pleurer. L’enfant sent que sa disposition d’esprit n’est pas ce