Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/89

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principal avec une méthode quelconque. Pour connaître cette méthode il suffit de savoir quelle méthode d’instruction du peuple est la plus ancienne. Cette méthode, dans ses traits fondamentaux, sera la meilleure pour le peuple.

Et pour nous, c’est précisément la méthode des lettres, des syllabes, très imparfaite comme toute méthode mais perfectible par toutes les inventions que procurent les nouvelles méthodes.

Chaque individu, pour apprendre à lire et à écrire le plus vite possible, devrait être instruit d’une façon différente de tout autre, c’est-à-dire qu’il devrait y avoir pour chacun une méthode particulière. Ce qui est une difficulté insurmontable pour l’un, n’en est pas une pour l’autre. Un élève a une très bonne mémoire, il lui est plus facile d’apprendre par cœur les syllabes que de comprendre que la consonne n’a pas de son. Un autre comprendra mieux la méthode rationnelle phonétique ; un autre, doué d’un certain flair, s’instruit en lisant les mots entiers, saisit la loi de la composition des mots.

Le meilleur maître c’est celui qui a toujours prête l’explication de ce qui arrête l’élève. Il lui faut pour cela connaître le plus grand nombre de méthodes, avoir la capacité d’en inventer de nouvelles et, principalement, ne pas suivre une seule méthode mais être convaincu que chacune a ses avantages et que la meilleure serait celle qui pourrait obvier à toutes les difficultés que peut rencontrer l’élève.