Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol16.djvu/112

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ensuite sur la table, puis, posant ses coudes sur son bureau, la tête légèrement inclinée de côté, il réfléchit un moment ; enfin il se mit à écrire sans plus s’arrêter. Il ne s’adressait pas directement à sa femme et écrivait en français, employant le mot vous qu’il jugeait moins froid en cette langue qu’en russe.

« Je vous ai exprimé, disait-il, lors de notre dernière entrevue, mon intention de vous communiquer ma résolution relativement au sujet de notre conversation. Après avoir mûrement réfléchi, je viens remplir cette promesse. Voici ma décision : Quels que soient vos actes, je ne me reconnais pas le droit de rompre les liens par lesquels un pouvoir sacré nous a unis. La famille ne doit pas être détruite par le caprice, par la volonté ou même par le crime de l’un des époux, c’est pourquoi notre vie doit rester ce qu’elle était auparavant. Ceci est nécessaire pour moi, pour vous et pour votre fils. Je suis convaincu que vous vous êtes repentie, que vous vous repentez encore du fait qui m’oblige à vous écrire cette lettre et que, dans un avenir très rapproché, vous m’aiderez à extirper avec la racine la cause de notre discorde et à oublier le passé. Dans le cas contraire, vous vous imaginez facilement ce qui vous attendrait, vous et votre fils. J’espère causer de tout cela plus longuement avec vous lors de notre prochaine entrevue. D’ailleurs la saison