Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol16.djvu/208

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Turquie, tout en trouvant le gouvernement exécrable, au point qu’il ne prenait jamais la peine de critiquer sérieusement ses actes, c’était un fonctionnaire irréprochable et un maréchal de la noblesse modèle, et, en voyage, il n’eût jamais manqué de se coiffer du bonnet à cocarde et à bord rouge.

Il déclarait que la vie n’était possible qu’à l’étranger où il se rendait aussitôt qu’il en trouvait la faculté, ce qui ne l’empêchait pas de diriger en Russie une exploitation très compliquée et des plus perfectionnées, de s’intéresser beaucoup à tout ce qui se passait et de n’ignorer rien de ce qui se faisait en Russie.

Il plaçait le paysan russe, au point de vue du développement intellectuel, entre le singe et l’homme, et, malgré cette opinion, aux élections du zemstvo, il serrait volontiers la main des paysans et prêtait à leurs avis une oreille attentive. Il ne croyait ni au diable ni à l’immortalité, néanmoins il se montrait très soucieux des conditions d’amélioration du clergé et de la diminution du nombre des paroisses et il ne reculait devant aucune démarche pour conserver une église dans son bourg.

Au point de vue féministe, il était avec les partisans extrêmes de la liberté absolue des femmes et surtout de leur droit au travail ; il vivait cependant avec sa femme d’une façon si charmante que tout le monde s’étonnait de les voir demeurer en aussi parfaite harmonie tout en n’ayant pas d’enfants :