Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol16.djvu/290

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lèvres serrées complétaient son attitude ferme et méprisante.

Il entra dans la chambre et, sans saluer sa femme, se dirigea tout droit vers son bureau dont il prit les clefs, puis il ouvrit le tiroir.

— Que voulez-vous ? s’écria-t-elle.

— Les lettres de votre amant.

— Elles ne sont pas là ! dit-elle en refermant le tiroir.

Mais ce mouvement ne fit que le confirmer dans ses suppositions. Lui repoussant alors brutalement la main, il saisit rapidement un portefeuille dans lequel il savait qu’elle mettait ses papiers les plus précieux. Elle voulut lui arracher le portefeuille, mais il la repoussa de nouveau.

— Asseyez-vous, dit-il, j’ai à vous parler !

Et mettant le portefeuille sous son bras, il le serra si fort avec son coude que son épaule se souleva légèrement.

Elle le regarda en silence, pleine d’étonnement et de crainte.

— Je vous avais dit que je vous interdisais de recevoir votre amant chez vous.

— J’avais besoin de le voir pour…

Elle s’arrêta, ne trouvant pas assez vite un mensonge.

— Je n’ai pas à entrer dans ces détails ni à chercher pourquoi une femme a besoin de voir son amant.