Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol16.djvu/397

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l’écarta et découvrit son visage déformé par la souffrance et la honte.

— Tends-lui la main, pardonne-lui.

Alexis Alexandrovitch lui tendit la main, sans retenir les larmes qui coulaient abondamment de ses yeux.

— Dieu soit loué ! Dieu soit loué ! dit-elle. Maintenant, tout est fini… Seulement un peu allonger les jambes. Voilà, comme ça, c’est très bien… Comme ces fleurs sont peintes sans goût ! dit-elle en désignant le papier de la chambre ; elles ne ressemblent pas du tout à des violettes. Mon Dieu ! Mon Dieu ! Quand cela finira-t-il ? Donnez-moi de la morphine ! Donnez-moi de la morphine ! Oh, mon Dieu ! Oh, mon Dieu !

Et elle s’agitait dans son lit.

Les docteurs disaient que c’était une fièvre puerpérale et que sur cent cas pareils, quatre-vingt-dix-neuf finissent par la mort. Toute la journée, elle eut la fièvre, le délire, des syncopes. Vers minuit, la malade était sans connaissance, le pouls très faible.

On attendait la fin d’un moment à l’autre.

Vronskï rentra chez lui, mais le lendemain matin il vint prendre des nouvelles. Alexis Alexandrovitch le rencontra dans l’antichambre et lui dit :

— Restez, elle vous demandera peut-être. Et lui-même le conduisit dans le boudoir de sa femme.

Dans la matinée, l’agitation, la vivacité de la