Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol16.djvu/435

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— Tu es ému ; je le comprends. Mais si tu réfléchis…

« Et si quelqu’un te frappe la joue droite, tends-lui la joue gauche, et à celui qui te prend ton habit, donne ta chemise », pensa Alexis Alexandrovitch.

— Oui, oui ! s’écria-t-il d’une voix perçante, je prends sur moi le crime… j’abandonne même mon fils, mais… mais ne vaut-il pas mieux laisser cela ? D’ailleurs, fais ce que tu veux.

Et, s’éloignant de son beau-frère afin de n’être pas vu de lui, il alla s’arrêter près de la fenêtre. Il était affligé, honteux, mais en même temps que cette affliction et cette honte, il éprouvait de la joie, en raison de l’aggravation de son humiliation.

Stépan Arkadiévitch ému se taisait.

— Alexis Alexandrovitch, sois sûr qu’elle approuve ta générosité, dit-il. Mais, évidemment, c’était la volonté de Dieu, ajouta-t-il, et aussitôt il comprit la stupidité de ses paroles, et s’efforça de retenir un sourire.

Alexis Alexandrovitch voulut dire quelque chose mais les larmes l’en empêchèrent.

— C’est un malheur fatal ; mais il est accompli et je tâche de vous en épargner à tous deux le choc, dit Oblonskï.

Quand Stépan Arkadiévitch sortit du cabinet de son beau-frère, il était ému, mais cela ne l’empêchait pas d’être content du résultat obtenu, car il était convaincu qu’Alexis Alexandrovitch ne re-