Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol16.djvu/68

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de son veston dans le dos, néanmoins il était très gentil. Tania se tenait comme une petite femme et veillait aux plus jeunes ; quant à la petite Lili, elle était vraiment délicieuse ; elle manifestait un naïf étonnement devant tout ce qu’elle voyait, et il fut impossible de ne pas sourire quand elle dit au prêtre, après avoir reçu la communion : « please, some more ! »

De retour à la maison, les enfants furent très doux : ils sentaient que quelque chose de solennel s’était passé.

Tout alla bien d’abord, mais pendant le déjeuner, Gricha se mit à siffler, et, chose plus grave, refusa d’obéir à l’Anglaise qui le priva de dessert. Daria Alexandrovna n’eût point infligé ce jour-là pareille punition si elle eût été présente, mais il fallait soutenir l’autorité de l’Anglaise et elle confirma sa décision. Gricha fut privé de gâteau. Cette punition gâta un peu la joie générale.

Gricha pleurait, soutenant que c’était Nikolenka qui avait sifflé, tandis que c’était lui qu’on punissait ; il ne pleurait pas, disait-il, à cause du gâteau dont il se moquait bien, mais à cause de l’injustice commise à son égard. C’était vraiment trop triste. Aussi, après avoir échangé quelques paroles avec l’Anglaise, Daria Alexandrovna décida de lever la punition du petit garçon, et elle partit dans sa chambre.

Mais en traversant le salon, elle surprit une