Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/105

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miers mois tous deux étaient souvent de mauvaise humeur ; quand l’un était bien disposé et l’autre maussade, la paix subsistait ; mais quand tous deux étaient de mauvaise humeur leur mésintelligence avait des causes si minimes qu’ensuite ils ne pouvaient même se les rappeler. Il est vrai que lorsqu’ils étaient tous deux de bonne humeur leur bonheur s’en trouvait accru. Néanmoins ces premiers mois furent pour eux très pénibles.

Tous ces premiers temps, chacun d’eux tiraillait de son côté la chaîne qui les liait, et cette lune de miel dont Lévine attendait des merveilles, en réalité resta dans leur souvenir la période la plus terrible et la plus vilaine de leur vie. Tous deux cherchèrent par la suite à effacer de leur mémoire les nombreux incidents honteux de cette fâcheuse période alors qu’ils étaient l’un et l’autre si rarement dans leur état d’esprit normal.

Leur vie ne devint plus régulière qu’à leur retour de Moscou où ils séjournèrent le troisième mois qui suivit leur mariage.