Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/129

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t’en prie, continua-t-elle s’adressant à son mari, va dans la chambre, tu trouveras un flacon dans mon petit sac. Tu sais, dans la petite pochette de côté. Apporte-le, et pendant ce temps nous finirons de ranger ici.

Quand Lévine revint avec le flacon, le malade était couché et autour de lui, tout avait pris un autre aspect. L’odeur âcre avait fait place à celle de vinaigre et de parfum que Kitty répandait en soufflant dans un pulvérisateur ; la poussière avait disparu ; un tapis s’étendait sous le lit ; sur la table étaient rangés des fioles, une carafe d’eau, le linge nécessaire et la broderie anglaise de Kitty ; sur une autre table, près du lit du malade, les potions, une bougie et des poudres. Le malade lui-même, lavé et peigné, était étendu dans des draps propres, la tête soulevée sur des oreillers, et vêtu d’une chemise blanche dont le col entourait son cou extraordinairement maigre. Une nouvelle expression, une expression d’espérance, emplissait ses yeux fixés sur Kitty.

Le médecin ramené par Lévine, qui l’avait trouvé au club, n’était pas celui qui soignait Nicolas Lévine et dont il était mécontent. Le nouveau médecin ausculta le malade, hocha la tête, écrivit une ordonnance et expliqua minutieusement la façon d’administrer les remèdes ainsi que le régime à suivre. Il conseilla des œufs frais presque crus, de l’eau de seltz avec du lait bouilli, à une