Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/138

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XX

Le lendemain le malade communia et reçut l’extrême-onction. Pendant la cérémonie, Nicolas Lévine pria avec ferveur. Une prière passionnée et pleine d’espérance se lisait dans ses grands yeux fixés sur l’icône, posée sur une table à jeu couverte d’une nappe. Lévine fut effrayé de le voir, car il savait que cette prière ardente et cet espoir lui rendraient encore plus pénible son arrachement à la vie, qu’il aimait tant. Il connaissait son frère et suivait ses pensées. Il savait que son incroyance provenait non de ce qu’il lui était plus facile de vivre sans foi, mais de ce que la conception scientifique du monde avait peu à peu détruit sa foi ; aussi ce retour à la foi n’était point logique ou normal, il n’était dû qu’à une espérance insensée de guérison. Lévine savait aussi que Kitty avait fortifié cet espoir avec ses récits de guérisons