Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/167

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ses mains blanches et molles aux veines gonflées, Non seulement elle se réjouissait à l’idée de le voir, mais encore elle cherchait sur son visage un indice de l’impression qu’elle faisait sur lui. Elle voulait lui plaire autant par sa personne que par sa conversation. C’était pour lui qu’elle s’occupait maintenant de sa toilette plus qu’elle ne l’avait jamais fait. Elle s’imaginait parfois ce qui aurait pu être si tous les deux eussent été libres. Elle rougissait d’émotion quand il entrait, et ne pouvait retenir un sourire charmé quand il lui disait quelques paroles aimables.

Depuis plusieurs jours la comtesse Lydie Ivanovna était vivement troublée : elle avait appris le retour à Pétersbourg d’Anna et de Vronskï. Il fallait épargner à Alexis Alexandrovitch une rencontre avec elle ; il fallait même lui éviter le tourment de savoir que cette odieuse femme se trouvait dans la même ville que lui et pouvait à chaque instant le rencontrer. Par des connaissances, Lydie Ivanovna s’enquit des intentions de ces vilaines gens, comme elle appelait Anna et Vronskï et elle tâcha de guider, tous ces jours, les mouvements de son ami pour qu’il ne les rencontrât pas. Un jeune avocat, ami de Vronskï, qui lui donnait ces renseignements, espérant obtenir par elle une concession de chemin de fer, lui apprit qu’ils avaient arrangé leurs affaires et comptaient partir le lendemain.

Lydie Ivanovna commençait à se rassurer quand,