Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/176

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Et Alexis Alexandrovitch aborda le sujet qui après le service l’intéressait le plus : l’éducation de son fils.

Quand, avec l’aide de Lydie Ivanovna, Alexis Alexandrovitch s’était rattaché à la vie et à l’activité, il avait senti que son devoir était de s’occuper de l’éducation de son fils. Jamais jusque-là les questions d’éducation ne l’avaient intéressé, et il dut consacrer un certain temps à l’étude théorique de la question. Après avoir étudié un grand nombre d’ouvrages d’anthropologie, de pédagogie et de didactique, il composa un plan d’études que le meilleur instituteur de Pétersbourg fut ensuite chargé de mettre en pratique. Mais lui-même s’en occupait toujours.

— Oui, mais le cœur ? Il a le cœur de son père, et avec un cœur pareil, un enfant ne peut être mauvais, dit Lydie Ivanovna d’un air enthousiaste.

— Peut-être… Pour moi, je remplis mon devoir, c’est tout ce que je puis faire.

— Vous viendrez chez moi ? demanda Lydie Ivanovna après un moment de silence, nous avons à causer d’une chose triste pour vous. J’aurais donné tout au monde pour vous épargner certains souvenirs, d’autres ne pensent pas de même. J’ai reçu une lettre d’elle. Elle est ici, à Pétersbourg.

Alexis Alexandrovitch tressaillit au souvenir de sa femme, mais aussitôt son visage reprit cette expression de mortelle immobilité qui indiquait