Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/185

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petite main qui se tenait aux aiguillettes, et de la tête il lui indiqua M. Vounitch.

— Tout de suite, Vassili Loukitch ! dit Serge avec un sourire aimable et gracieux qui désarmait toujours le sévère Vassili Loukitch.

Serge était trop gai, tout ce qui l’entourait était trop agréable pour qu’il n’ait pas le désir de partager avec son ami le suisse la joie de famille que venait de lui apprendre la nièce de la comtesse Lydie pendant leur promenade au jardin d’été. Cette joie lui paraissait encore plus grande depuis qu’il y joignait celle du fonctionnaire et celle du cadeau. Il semblait à Sérioja qu’en ce jour tout le monde devait être heureux et content.

— Sais-tu, papa a reçu la décoration d’Alexandre Newsky.

— Comment ne le saurais-je pas ? on est déjà venu le féliciter.

— Est-il content ?

— Comment ne pas être content de la faveur de l’empereur ? Cela veut dire qu’il l’a méritée, dit le vieux suisse gravement.

Sérioja devint pensif, tout en continuant à examiner le suisse dont le visage lui était connu dans les moindres détails, le menton surtout entre les favoris blancs et que personne ne voyait aussi bien que Serge qui le regardait de bas en haut.

— Eh bien ! et ta fille ? y a-t-il longtemps qu’elle est venue ?