Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/194

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


tent de toi et Piotr Ignatitch (c’était le principal professeur) n’en est pas plus satisfait. Je suis forcé de te punir.

Le père et le professeur étaient tous deux mécontents de Serge. En effet, il travaillait mal, et cependant ce n’était pas un enfant mal doué. Au contraire, il était bien supérieur à ceux que le maître lui donnait en exemples. Son père pensait qu’il ne voulait pas apprendre ce qu’on lui enseignait, mais en réalité il ne le pouvait pas parce que son âme avait des besoins très différents de ceux que lui supposaient son père et son professeur, et il luttait contre ses éducateurs. À neuf ans, ce n’était qu’un enfant, mais il connaissait son âme, elle lui était chère et il la défendait, comme la paupière protège l’œil, contre tous ceux qui voulaient y pénétrer sans la clef de l’amour. Ses maîtres lui reprochaient de ne pas vouloir apprendre, mais son âme brûlait du désir de savoir, et il s’instruisait auprès de Kapitonitch, de sa vieille bonne, de Nadinka, de Vassili Loukitch, et non avec ses professeurs.

Cette eau que le père et le professeur s’attendaient à voir couler sur la roue se frayait un chemin ailleurs et travaillait autre part.

Serge fut puni ; on ne lui permit pas d’aller chez Nadinka, la nièce de Lydie Ivanovna, mais cette punition tourna à son profit. Vassili Loukitch était de bonne humeur et lui apprit à construire un petit