Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/215

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Il se serra contre elle en murmurant :

— Ne t’en va pas encore, il ne viendra pas si tôt.

Sa mère l’écarta d’elle un instant pour tâcher de voir s’il comprenait ce qu’il disait, et à l’expression craintive de son visage, elle lut que non seulement il parlait bien de son père, mais lui demandait ce qu’il en devait penser.

— Serioja, mon chéri, dit-elle, aime-le. Il est meilleur que moi et je suis coupable envers lui. Quand tu seras grand, tu comprendras.

— Personne n’est meilleur que toi ! s’écria désespérément l’enfant à travers ses larmes. Et s’accrochant aux épaules de sa mère, il la serra de toute la force de ses petits bras tremblants.

— Mon ange, mon chéri ! balbutia Anna, et elle se mit à pleurer elle-même comme un enfant.

À ce moment la porte s’ouvrit et Vassili Loukitch entra.

Du côté de l’autre porte on entendait déjà des pas ; la bonne effrayée murmura : « Le voilà ! » et tendit à Anna son chapeau.

Serge se laissa tomber sur son lit en sanglotant, se couvrant le visage de ses mains. Anna les lui écarta pour embrasser encore une fois son visage mouillé de larmes et sortit à pas rapides.

Alexis Alexandrovitch marchait à sa rencontre.

Il l’aperçut, s’arrêta et baissa la tête.

Un instant auparavant elle affirmait qu’il était