Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/280

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Lévine, heureux un moment auparavant, considérait cette scène avec humeur.

« Qui ces mêmes lèvres ont-elles embrassé hier ? » pensa-t-il à la vue de ces marques de tendresse de Stépan Arkadiévitch pour sa femme. Il regarda Dolly ; elle aussi lui déplut. « Elle ne croit plus à son amour. Alors de quoi est-elle si contente ? C’est répugnant ! » pensa-t-il. Il regarda la princesse qu’il trouvait si charmante un moment avant et il fut vexé de l’accueil affable qu’elle faisait à Vassenka avec ses rubans. Serge Ivanovitch lui déplut également à cause de sa politesse envers Stépan Arkadiévitch, qu’il jugea hypocrite car il savait que son frère n’aimait et n’estimait pas Oblonskï. Varenka aussi le fâcha parce qu’avec son air de sainte nitouche, elle se mettait en frais pour ce monsieur, tandis qu’elle ne songeait qu’au mariage.

Mais il fut surtout mécontent quand il vit Kitty prendre un air de fête, comme si l’arrivée de ce monsieur à la campagne était pour elle et pour tous une vraie réjouissance ; il était particulièrement furieux du sourire par lequel elle répondit au sien. Tous rentrèrent à la maison en causant avec animation, mais dès qu’ils furent assis, Lévine fit demi-tour et sortit.

Kitty, ayant remarqué la mauvaise humeur de son mari, voulait saisir un moment pour lui parler en tête à tête, mais il s’éloigna très vite déclarant