Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/294

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— Autorisez-nous à faire encore un coude ; nous n’aurons qu’à ajouter trois marches et tout ira bien. Vous en serez bien plus satisfait.

— Tu aurais mieux fait de m’écouter, dit Lévine contrarié. Je t’avais dit de poser d’abord la charpente et ensuite de placer les marches. Maintenant il est trop tard. Fais ce que je t’ai ordonné, construis un nouvel escalier.

Le charpentier avait gâté l’escalier du nouveau pavillon qu’on bâtissait : il l’avait fait à part sans en calculer l’inclinaison ; si bien que quand on voulut le mettre en place toutes les marches étaient obliques. Pour y remédier le charpentier voulait ajouter trois marches à l’escalier.

— Ce sera beaucoup mieux.

— Mais où aboutira-t-il avec tes trois marches ?

— Excusez, répondit le charpentier avec un sourire dédaigneux : quand il prendra du bas, il montera, montera et arrivera juste, et il accompagna ces mots d’un geste de conviction.

— Mais ces trois marches augmenteront la hauteur, alors où aboutira l’escalier ?

— Il ira… c’est-à-dire du bas et alors il arrivera… répétait le menuisier obstinément convaincu.

— Il arrivera sous le plafond et dans le mur.

— Permettez… il commencera du bas… il montera, montera et arrivera.