Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/308

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étaient moins fréquents, mais tous, semblait-il à Lévine, portaient, et presque après chaque coup on entendait : « Crac ! apporte ! »

Lévine en était encore plus agacé. Des bécasses tournoyaient sans cesse dans l’air ; leur bruit sur le sol et leurs cris dans l’air s’entendaient sans cesse de tous côtés. Des bécasses lasses de voler s’arrêtaient devant les chasseurs ; au lieu de deux éperviers, il y en avait maintenant des dizaines qui planaient au-dessus des marais en poussant des cris.

Après avoir parcouru la plus grande moitié du marais Lévine et Veslovski atteignirent une prairie appartenant à des paysans et qui n’était fauchée que par places. Il y avait peu d’espoir de trouver autant de gibier dans les endroits non fauchés que dans les autres, mais comme Lévine avait fixé avec Stépan Arkadiévitch le lieu de leur rencontre, lui et son compagnon traversèrent les parties fauchées et non fauchées de la prairie.

— Hé ! les chasseurs ! cria un paysan assis près d’une charrette dételée. Venez boire un coup avec nous !

Lévine se retourna.

— Viens ! répéta le paysan barbu, au visage rouge et aux dents blanches, levant au-dessus de sa tête une bouteille verdâtre brillant au soleil.

— Que disent-ils ? demanda Veslovski.

— Ils nous invitent à boire de l’eau-de-vie avec