Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/309

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


eux ; probablement ils fauchent leurs champs. J’accepterais avec plaisir, ajouta Lévine, non sans malice, espérant tenter Vassenka et se débarrasser de lui.

— Pourquoi veulent-ils nous régaler ?

— Cela leur fait plaisir sans doute. Allez-y, cela vous amusera.

— Allons, c’est curieux.

— Allez, vous trouverez ensuite votre chemin jusqu’au moulin ! cria Lévine enchanté de voir Veslovski s’éloigner du côté des paysans, trébuchant sur ses pieds fatigués et tenant son fusil d’un bras alourdi.

— Viens aussi, toi ! cria le paysan à Lévine. Viens, tu mangeras du biscuit.

Lévine aurait bu avec plaisir de l’eau-de-vie et mangé un morceau de pain : il se sentait las et déplaçait avec peine ses pieds dans le sol marécageux. Il hésita un moment ; mais apercevant son chien en arrêt, il oublia aussitôt sa fatigue pour le rejoindre. Une bécasse vola devant lui. Il tira et l’atteignit. Le chien resta immobile : « Pile ! » Une autre bécasse se souleva. Lévine tira. Mais la journée était mauvaise, il la manqua, et quand il alla chercher celle qu’il avait abattue, il ne la trouva point. Il chercha de tous côtés mais Laska ne croyait pas à ce coup, et feignait seulement de chercher. Lévine accusait Vassenka de sa malechance, mais sans lui il n’était pas plus heureux. Le gibier