Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/311

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Il n’avait dans son carnier que cinq bécasses quand il atteignit le point où Stépan Arkadiévitch devait le rejoindre. Avant d’apercevoir celui-ci il remarqua son chien. Crac, tout noir de la boue du marais, bondit par-dessus une racine d’aune et flaira Laska d’un air triomphant. Derrière Crac, dans l’ombre des aunes parut l’élégant Stépan Arkadiévitch. Il venait vers lui, rouge, en sueur, le col déboutonné, traînant la jambe.

— Eh bien ! avez-vous fait bonne chasse ? demanda-t-il en souriant gaîment.

— Et toi ? fit Lévine.

Mais il n’avait pas besoin de le demander, et le voyait à son filet plein.

— Pas mauvaise !

Il avait quatorze pièces.

— Quel beau marais ! C’est sans doute Veslovski qui t’a gêné ? Deux, avec un chien, ce n’est pas commode, dit Stépan Arkadiévitch pour adoucir l’effet de son triomphe.