Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/345

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


haussa les épaules, sourit dédaigneusement salua, et dit :

— Pourrais-je voir Oblonskï ?

Le haussement d’épaules et le sourire n’offensèrent pas Lévine : « Qu’a-t-il encore à faire ? » pensa-t-il.

— Je vais vous l’envoyer, répondit-il.

— Mais cela n’a pas le sens commun ! s’écria Stépan Arkadiévitch lorsqu’il rejoignit Lévine au jardin où il se promenait, attendant le départ de son hôte, après avoir appris de son ami qu’il était chassé. — Mais c’est ridicule ! Quelle mouche t’a piqué ! C’est du dernier ridicule ! Si ce jeune homme…

Mais la place piquée par la mouche se trouvait encore si sensible que Lévine pâlit quand Stépan Arkadiévitch voulut lui donner des explications, et il l’interrompit vivement.

— Je t’en prie, pas d’explication. Je ne pouvais agir autrement. J’en suis désolé aussi bien à cause de toi que de lui ; mais pour lui ce n’est pas un grand malheur de partir et pour ma femme et pour moi sa présence devenait intolérable.

— Mais il est offensé ; et par-dessus tout c’est ridicule.

— Moi aussi, j’ai été offensé, je me suis tourmenté ; et comme, en somme, je ne suis pas coupable, je ne veux pas souffrir.

— Celle-là, je ne m’y attendais pas. On peut être jaloux, mais à ce point, c’est du dernier ridicule !

Lévine lui tourna le dos et continua à se pro-