Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/346

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


mener dans l’allée. Bientôt il entendit le bruit du tarentass et vit passer au travers des arbres Vassenka assis sur du foin (le tarentass n’avait pas même de sièges), les rubans de son bonnet écossais flottant derrière lui à chaque secousse.

« Qu’est-ce encore ? » pensa Lévine voyant le domestique sortir en courant de la maison pour arrêter le tarentass. C’était afin d’y faire monter le mécanicien qu’on avait oublié. Celui-ci salua Vassenka, lui dit quelques mots puis monta auprès de lui dans le véhicule qui repartit.

Stépan Arkadiévitch et la vieille princesse étaient révoltés de la conduite de Lévine ; lui-même se sentait ridicule au plus haut degré, coupable et honteux ; mais en songeant à ce que Kitty et lui avaient souffert, il s’avoua que si c’était à refaire, il agirait de la même façon.

Malgré cette histoire, tous, à l’exception de la vieille princesse qui ne pardonnait pas encore cet acte à Lévine, se retrouvèrent extraordinairement animés et gais, comme des enfants après une punition ou des maîtres de maison après une pénible réception officielle. Le soir, en l’absence de la princesse, on parla de l’expulsion de Vassenka comme d’un événement lointain, et Dolly qui tenait de son père le don de raconter très drôlement fit rire aux larmes Varenka en lui racontant pour la troisième ou la quatrième fois, et toujours avec de nouveaux traits amusants, qu’elle avait réservé en l’honneur