Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol17.djvu/358

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— N y a-t-il pas de travail au fauchage ? demanda-t-il.

— Je n’en sais rien, mon ami.

— Dès que vous aurez pris votre gauche vous êtes dessus, répéta le paysan, regrettant évidemment de laisser partir si vite les voyageurs avec qui il aurait bien voulu causer encore.

Le cocher mit l’attelage en mouvement, mais aussitôt le paysan lui cria :

— Arrête ! Ohé ! Arrête !

Le cocher s’arrêta.

— Les voici eux-mêmes ! cria-t-il. Comme ils trottent ! fit-il, désignant quatre personnes à cheval et deux en tilbury qui s’avancaient sur la route.

Les cavaliers étaient : Vronskï, avec un groom à cheval, Veslovski et Anna. La princesse Barbe et Sviajskï suivaient en tilbury. Ils faisaient une promenade et étaient allés voir fonctionner une moissonneuse à vapeur nouvellement arrivée.

Quand le cocher s’arrêta, les cavaliers se mirent au pas. Anna était devant à côté de Veslovski. Elle montait avec aisance un cheval anglais dont la crinière était coupée et la queue courte. Sa jolie tête, ses cheveux noirs qui s’échappaient d’un chapeau d’homme, ses épaules larges, sa taille fine dans l’amazone noire et toute son allure calme et gracieuse, frappèrent Dolly. Au premier abord il lui parut inconvenant qu’Anna fût à cheval, car elle voyait là une idée de coquetterie qui, à son avis,